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Günther Anders, L’obsolescence de l’homme, 1956

“Rien ne discrédite aujourd’hui plus promptement un homme que d’être soupçonné de critiquer les machines. […] A-t-on jamais pris la liberté d’avancer un argument contre les “effets avilissants” de l’un ou l’autre de ces instruments, sans s’attirer automatiquement la grotesque réputation d’être un ennemi acharné des machines et sans se condamner, non moins automatiquement, à une mort intellectuelle, sociale ou médiatique ? Il n’est pas étonnant que la peur de cette inévitable disgrâce pousse la plupart des critiques à mettre une sourdine à leurs propos, et que la publication d’une critique de la technique soit devenue aujourd’hui une affaire de courage civique.”
Günther Anders, L’Obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, L’Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2002 [1956], p. 17.

“Après les pénuries de la guerre, la critique des techniques apparaît inaudible et incompréhensible, à contre-courant de l’histoire et du progrès. Pourquoi rejeter ce qui apparaît comme la condition de la paix et du bonheur sur Terre ?”

Citations et référence extraite de François Jarrige, Technocritiques, Du refus des machines à la contestation des technosciences, La découverte, Paris, 2014.

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