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Stéphane Vial, sur l’in-définition du design

« Depuis une vingtaine d’années, les chercheurs, les praticiens, les observateurs semblent avoir renoncé à définir
le design. Le sens du mot design serait trop variable d’une culture à l’autre, la notion serait trop complexe, les
métiers seraient trop divers. Au point où certains se réjouissent de ce renoncement, prônant que le design n’a ni
définition ni frontières. Même le Design Dictionnary s’avoue vaincu : « au risque de vous décevoir, cher lecteur,
il est impossible de donner une définition unique et faisant autorité du terme central de ce dictionnaire – design.
» *
Cette attitude est récente et nouvelle mais ne va pas de soi. Elle favorise, hélas, les approches réductionnistes et
les approches expansionnistes, qui parfois se confondent. Les premières consistent à réduire le design à du déjà
connu, en le ramenant soit à l’architecture, soit à l’art, soit à la consommation, soit à l’industrie, soit à la technique, soit à l’artisanat. Les secondes consistent à voir du design partout et à étendre son champ d’application à tout ce qui nous entoure, soit sur un mode critique (…), soit sur un mode enjoué au service de l’addiction consumériste (…). »

Extrait de Stéphane Vial, Le design, Que sais-je ?, PUF, 2015.

* M. Erlhoff, T. Marshall (dir.), Design dictionary, Basel, Boston, Berlin, 2008, p. 104

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