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Bernard Stiegler, S’affranchir des automatismes, 2016

Carte blanche à Bernard Stiegler, conférence de la Cité des Sciences et de l’Industrie, saison 2015-2016

Bernard Stiegler a invité pour cette conférence Frédéric Kaplan et Denis Podalydès.

Bernard Stiegler y aborde les enjeux de l’automatisation et ses effets sur le marché du travail, de sa relation avec l’anthropocène et donc des réflexions et perspectives qu’elle ouvre sur l’avenir.

Pourquoi et comment notre monde est aujourd’hui entropique et pourquoi et comment devrait-il devenir néguentropique ?
Qu’est-ce que la néguentropie ?
Quel rapport cela a-t-il avec le fait que les habitants du Bangladesh sont plus heureux et ont une meilleure espérance de vie que les habitants de Harlem ?
Comment et pourquoi la nouvelle robotisation et les big data détruisent-ils l’emploi et aggravent-ils le phénomène de paupérisation de la classe moyenne ?
Qu’est-ce que la prolétarisation ?
Pourquoi une pensée basée sur la statistique de la moyenne est-elle néfaste ?
Pourquoi et comment l’autocomplétion produit de la dysorthographie ?
Qu’est qu’un bon professeur d’université et pourquoi un bon MOOC ne fait pas un bon prof ?
Quelle est la différence entre savoir et information ?
Quelle est la différence entre le travail et l’emploi et pourquoi devrait-on encourager le travail plutôt que l’emploi ?
Est-il possible d’introduire des phénomènes néguentropiques avec des automates (comment intégrer des automatismes pour désautomatiser ?)
Qu’est ce que “l’encapacitation” et comment elle diffère de “l’empowerment” ?

À propos de la néguentropie : Entretien avec Bernard Stiegler, mené par Ghislain Deslandes et Luca Paltrinieri, Collège international de Philosophie.
Cette conférence est en lien avec un ouvrage de Bernard Stiegler : La société automatique. 1. L’avenir du travail, Fayard, 2015.
« Le 19 juillet 2014, le journal Le Soir révélait à Bruxelles que selon des estimations américaines, britanniques et belges, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie, la Pologne et les États-Unis pourraient perdre entre 43 et 50 % de leurs emplois dans les dix à quinze prochaines années. Trois mois plus tard, le Journal du dimanche soutenait que trois millions d’emplois seraient condamnés à disparaître en France au cours des dix prochaines années.
L’automatisation intégrée est le principal résultat de ce que l’on appelle « l’économie des data ». Organisant des boucles de rétroactions à la vitesse de la lumière (à travers les réseaux sociaux, objets communicants, puces RFID, capteurs, actionneurs, calcul intensif sur données massives appelées big data, smart cities et robots en tout genre) entre consommation, marketing, production, logistique et distribution, la réticulation généralisée conduit à une régression drastique de l’emploi dans tous les secteurs – de l’avocat au chauffeur routier, du médecin au manutentionnaire – et dans tous les pays.
Pourquoi le rapport remis en juin 2014 au président de la République française par Jean Pisani-Ferry occulte-t-il ces prévisions ? Pourquoi le gouvernement n’ouvre-t-il pas un débat sur l’avenir de la France et de l’Europe dans ce nouveau contexte ?
L’automatisation intégrale et généralisée fut anticipée de longue date – notamment par Karl Marx en 1857, par John Maynard Keynes en 1930, par Norbert Wiener et Georges Friedmann en 1950, et par Georges Elgozy en 1967. Tous ces penseurs y voyaient la nécessité d’un changement économique, politique et culturel radical.
Le temps de ce changement est venu, et le présent ouvrage est consacré à en analyser les fondements, à en décrire les enjeux et à préconiser des mesures à la hauteur d’une situation exceptionnelle à tous égards – où il se pourrait que commence véritablement le temps du travail. »
[Présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur]
À propos de ce livre : Bernard Stiegler, Sortir de l’anthropocène, Multitudes 2015/3 n°60.

Frédéric Kaplan, Quand les mots valent de l’or, Le Monde Diplomatique, novembre 2011.

Références et noms cités :

Erwin Schrödinger
Amartya Sen. Cf. son livre : Repenser l’égalité, Seuil, 2000 (Inequality Reexamined, Clarendon Press, 1992)
Chris Anderson, The end of Theory: The Data Deluge Make The Scientific Method Obsolete, Wired : Science, 16, 2008.
Lire à ce sujet :
La « Présentation » du numéro de la revue Réseaux intitulé Méthodes digitales. Approches quali/quanti des données numériques (2014/6, n°188) par Tommaso Venturini, Dominique Cardon et Jean-Philippe Cointet
et
Dominique Cardon, Regarder les données, Multitudes 2012/2 (n° 49).
Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs, Gallimard, 1999.

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