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Jean-Marc Besse, la nécessité du paysage, 2018

Jean-Marc Besse, La nécessité du paysage, Éditions Parenthèses, 2018

« Il y a le paysage décor, marchandise esthétique. Et il y a l’autre, le paysage profond, essentiel, nécessaire. Un paysage certes reflet et dépôt des dégradations que lui inflige l’activité humaine ; mais néanmoins, dans le même temps, miroir d’aspirations, de pratiques et de désirs pour l’habitabilité du monde. Les signes se multiplient aujourd’hui de nouveaux rapports à la campagne et à la ville. Des formes de vie différentes cherchent à s’expéri­menter, des géographies alternatives apparaissent, ouvrant des horizons nouveaux à la pensée du paysage et à sa conception.
C’est de ce contexte et de ces perspectives que ce livre et la collection éponyme qu’il inaugure entendent témoigner, dans une démarche résolument pluridisciplinaire.
À ce premier opus d’une série de monographies et d’essais théoriques, il revient d’établir que le paysage est une donnée constitutive et ineffaçable de l’existence humaine ; qu’il en est une condition, une absolue nécessité. »
[Présentation du livre sur le site de l’éditeur]

Quelques notes prises à l’écoute de l’émission La compagnie des poètes du 26 avril 2019 en présence de l’auteur.

Qu’est ce que c’est que se tenir dans le monde ? Se tenir fait entendre une métaphore décisive sur ce que c’est qu’habiter.
Jean-Marc Besse raconte comment la modification des pratiques agricoles , en particulier la disparition des haies, a laissé apparaître dans sa dans sa Bourgogne natale un vent très désagréable qui a profondément modifié sa relation au territoire.
On ne peut plus parler du paysage comme d’un décor, plus ou moins pittoresque, une vue, un territoire observable de haut et à distance. C’est nous accoutumer à l’envisager comme une marchandise, comme une image mobilisable pour des manipulations idéologiques. Sans remettre en cause la dimension heureuse que provoque la contemplation d’un panorama du haut d’une montagne, il faut rappeler que le paysage est au plus près de nous, que c’est d’abord l’endroit où nous habitons. Cela fait du paysage quelque chose qui n’est pas seulement visuel, quelque chose qui n’est pas seulement fait pour être vu mais aussi être entendu, senti, touché, quelque chose qui est vraiment constitutif de nos relations sensibles, corporelles avec notre environnement.
La géographie d’avant la carte. L’expérience du paysage débute avec l’expérience de la désorientation. Passer à travers champs, quitter la route.
L’attention au paysage, c’est aussi respecter toutes les manières d’y être. Pour cela, il faut y être, y marcher, être à l’intérieur et non plus à distance, pour le sentir et le comprendre.
Le paysage est à la fois une condition et une expression du savoir habiter.
Ce dont nous manquons, c’est d’attention au monde.
Le paysage est nécessaire parce qu’il est la traduction la plus directe du fait que nous vivons dans un monde abîmé et qu’il est ce par quoi nous pouvons retrouver de l’attention au monde.
Se rendre attentif aux sols, au vivant, à l’organisation des espaces urbains, à l’histoire.

Bibliographie