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Histoire des objets, Révolution industrielle (4) – Précision, standardisation, multiplication : atouts majeurs de la fabrication en usine.

p. 33-48.

Même s’il fait mention des critiques formulées à l’encontre des objets exposés au Crystal Palace, Raymond Guidot considère les produits de l’industrialisation de manière beaucoup plus bienveillante et enthousiaste. Une “Chronique du design industriel” ne pouvait sans doute pas procéder autrement mais il reste surprenant qu’il n’aborde pas du tout la question du pastiche et du mauvais goût, qui semble si prédominant dans les autres récits. Guidot enfonce le clou quand il affirme que ces objets sont porteurs d’un progrès social, avec l’exemple de la machine à coudre notamment, qui libère la femme d’un “travail quotidien particulièrement prenant” (p.36).
Il donne également aux États-Unis un rôle plus précoce dans l’histoire du design.

« (…) Concernant la grande majorité des pièces métalliques, précision, standardisation, vitesse d’exécution sont au rendez-vous de la production en série. Quelles que soient l’habileté et la célérité de l’artisan, fût-il le meilleur, celui-ci ne peut répondre aux exigences de la demande. Seule la machine, avec ses adaptations et ses perfectionnements, est capable de faire face.
Précisons que, si la plupart de ces produits nouveaux et surprenants qui vont participer à l’environnement humain, voire s’intégrer à la vie domestique, n’ont pas été conçus aux États-Unis, tous y ont trouvé un terrain d’accueil si favorable qu’ils s’y sont perfectionnés, y sont devenus opérationnels et donc commercialisables. (…)
L’apport des États-Unis aux nouveaux produits réside en particulier dans la mise au point très poussée des techniques d’usinage, à laquelle, compétition aidant, les industriels ont procédé dans un souci de normalisation. (…) De fait, la standardisation va désormais s’appliquer à tout ce qui sortira d’une usine, qu’il s’agisse de petites séries ou de production de masse.

La préoccupation esthétique concernant ces objets apparaît progressivement, et en premier lieu comme argument concurrentiel.
La machine à laver commence à se développer à partir de 1851, le lave-vaisselle à partir de 1865, l’aspirateur à partir de 1869. Mais ces appareils n’auront d’usage domestique, et donc libérateur, qu’à partir des années 20, quand ils deviendront électriques.
Raymond Guidot évoque ensuite le développement des appareils mécaniques “conçus pour se substituer au travail humain ou pour en accroître l’efficacité” (p. 48), comme la machine à écrire, le ventilateur, l’ampoule à incandescence, ou le téléphone.

Révolution industrielle (5) – L’habitat social et ses théoriciens.

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