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Michel Ragon, la fonte et le fer.

« Le rôle du métal dans le renouvellement des formes architecturales est capital. La fonte, le fer, puis plus récemment l’acier et l’aluminium, ont entraîné l’architecture vers une conception absolument nouvelle de la construction. C’est d’abord la fonte, dont le prix de revient était moins élevé que celui du fer, qui ouvrit la voix à cette métamorphose. Mais on ne l’employait guère que comme un erzatz de la pierre, c’est à dire sous forme de colonnes ou de piliers moulés.[Métro aérien à Paris] (…). Très vite le fer fut associé à la fonte, mais il coûtait si cher que, de 1850 à 1880, il ne fut utilisé que pour la construction de ponts, de gares de chemin de fer, de halls d’exposition. (…). La fonte est un alliage de fer et de carbone. Elle présente un inconvénient majeur qui est de ne pouvoir être ni laminée, ni forgée, ni martelée. On peut obtenir par coulée des pièces métalliques de grande taille. On peut aussi mouler la fonte. Cette faculté de prendre n’importe quelle forme dans un moule fit que la fonte servit à toutes les aberrations du pastiche. La fonte fut le matériau “artistique” privilégié de la première période industrielle. La fonte envahit tout l’environnement humain : des colonnes de l’usine aux colonnes de l’église, des arcs des ponts aux ustensiles de cuisine, des statues d’art dans le salon bourgeois aux pièces de machines. Elle fut le symbole même de la civilisation du métal et de la perversion du goût. »
Michel Ragon, Histoire de l’architecture et de l’urbanisme modernes, Tome 1, Points, p.189-191.

Histoire du design