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Donna Haraway, Un Manifeste Cyborg, 1984.

Manifeste cyborg a été édité pour la première fois en anglais dans la revue The Bekerley Socialist review Collective en 1985, puis dans le livre Simians, Cyborgs and Women paru en 1991. Il est traduit par Nathalie Magnan en 2002, dans l’ouvrage Connexions, art, réseaux, médias (ENSBA).
Le titre complet en français est : Manifeste cyborg : science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXè siècle.

À lire en connaissant un minimum son contexte et son auteur. Voir par exemple :
Delphine Gardey, « Donna Haraway : poétique et politique du vivant », dans Cahiers du genre, 2013/2, n°55.
Pierre Charbonnier, « Donna Haraway : Réinventer la nature », dans Mouvements, 2009/4, n°60. (À propos de la parution de son livre Des singes, des cyborgs et des femmes. La réinvention de la nature, Jacqueline Chambon, 2009.

Je vous propose de la “rencontrer”, avant de lire le texte, dans une courte vidéo où elle explique ce que signifie pour elle le terme “narrative fabulation” (narration spéculative).

Introduction de Nathalie Magnan dans Connexions, art, réseaux, médias
« La figure du cyborg, telle que Donna Haraway l’a décrite dans le texte utopique et visionnaire de 1985, Le Manifeste Cyborg, est “un organisme cybernétique, un hybride de machine et d’organisme, une créature de la réalité sociale aussi bien qu’une créature imaginaire”. Le cyborg est ici une figure de rhétorique, une fiction qui nous permet de penser notre réalité, e décoder notre culture. Le cyborg est ainsi une re-négociation constante des frontières dites naturelles entre des territoires jusqu’ici clairement délimités. L’ironie en est la stratégie rhétorique et la méthode politique.
Haraway se défend d’une communication claire, s’oppose aux théories universelles totalisantes. “La politique du cyborg est la lutte pour le langage et la lutte contre la communication parfaite, entre le code unique qui traduit parfaitement chaque sens, dogme du phallocentrisme. C’est pourquoi la politique du cyborg insiste sur le bruit et préconise la pollution, jouissance des fusions illégitimes de l’être humain et de la machine.”
C’est la fin des mythes de l’origine. Elle subvertit la structure du désir, une force dont on dit qu’elle génère le langage et le genre (masculin/féminin), et ainsi les modes de reproduction de l’identité occidentale : plus d’Œdipe, plus de paradis perdus, plus d’unité fondatrice, plus de plénitude dans la mère phallique, plus d’origine, c’est la fin des grands récits totalisants. C’est la fin de l’innocence.
Avec la fin de l’innocence vient une nouvelle politique, partiale, partielle, contradictoire. “L’innocence et son corollaire, vouloir que la seule position de victime permette l’objectivité, ont fait déjà suffisamment de dégâts”. Elle fait voler en éclat toute idée d’unité, qu’elle soit originelle ou construite, pour faire place à une pensée du divers et de l’incomplet, et des féminismes à fédérer plutôt qu’à unifier. C’est une politique qui plaide pour le plaisir et la nécessité de la renégociation constante des frontières. »

Version française sur La Revue des ressources : https://www.larevuedesressources.org/cyborg-manifesto-un-manifeste-cyborg,2318.html
Version originale : https://www.larevuedesressources.org/IMG/pdf/5_haraway__a_manifesto_for_cyborgs.pdf

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